Au lieu-dit Noir-Etang … de Thomas H. Cook

Quatrième de couverture : Août 1926. Chatham, Nouvelle-Angleterre, à quelques encablures du cap Cod : son église, son port de pêche et son école de garçons, fondée par Arthur Griswald, qui la dirige avec droiture et vertu. L’arrivée de la belle Mlle Channing, venue d’Afrique pour enseigner les arts plastiques à Chatham School, paraît anodine en soi, mais un an plus tard, dans cette petite ville paisible, il y aura eu plusieurs morts.  Henry, le fils adolescent de M Griswald, est vite fasciné par celle qui va lui enseigner le dessin et lui faire découvrir qu’il faut  » vivre ses passions jusqu’au bout « . Du coup, l’idéal de vie digne et conventionnelle que prône son père lui semble être un carcan. Henry assiste, complice muet et narrateur peu fiable, à la naissance d’un amour tragique entre Mlle Channing et M Reed, le professeur de lettres qui vit au bord du Noir-Etang avec sa femme et sa fille. Il voit en eux  » deux figures romantiques, des versions modernes de Catherine et de Heathcliff « . Mais l’adultère est mal vu à l’époque, et après le drame qui entraine la chute de Chatham School, le lecteur ne peut que se demander, tout comme le procureur :  » Que s’est-il réellement passé au Noir-Etang ce jour-là ? « 

Voici un roman policier dont j’avais lu de bonnes critiques et que j’ai trouvé à la bibliothèque, bien que je ne lise quasiment plus de policier depuis un certain temps. Je l’ai emprunté avec un peu d’appréhension car je n’arrive plus à lire les livres trop sombres.

J’ai bien aimé l’écriture de l’auteur, sans fioriture. Le rythme du roman est assez aléatoire, et j’ai eut par exemple du mal à terminer la troisième partie. Au niveau de la construction, de nombreux retours en arrière (pour ne pas dire flash-back) s’entremêlent. La vie d’Henry aujourd’hui, sa vie en 1926-27, des extraits du jugement. Cela m’a déstabilisée seulement les premières pages, ensuite je me suis facilement retrouvée dans le récit.

Dès le début on apprend qu’il s’est passé quelque chose de terrible, et quels sont les personnes impliquées. On se retrouve emporté par le flot de cette histoire, je me suis même demandée si je ne faisais pas de voyeurisme, en attendant le dénouement final. Car il reste tout de même quelques questions en suspend jusqu’à la fin.

L’auteur a rendu tous les personnages attachants, il est donc difficile par la suite de blâmer l’un ou l’autre.  Enfin, j’ai trouvé que la couverture est vraiment réussie.

Bref, même si ce n’est pas mon coup de cœur, ce livre a été une très bonne lecture.

Au lieu-dit Noir-Etang… de Thomas H. Cook, Policiers Seuil, 355p.

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